Pop-Rock

Dites le fort : ils sont jeunes, ils sont fiers !
Et ils ont raison. Ils étaient pourtant à peine nés à la sortie du maxi presque homonyme de Taxi Girl, les membres de Juveniles. L’ivresse de la (re)découverte. Alors, ils se sont amusés à dérouler le fil d’une scène jadis reniée, depuis réhabilitée. Post-punk, new-wave, electropop : ils refont leurs gammes, se découvrent de nouvelles lubies, s’entichent de synthés bien plus âgés qu’eux et révisent une nouvelle géographie – on dirait le Nord, avec Sheffield et Manchester comme capitales officieuses.

En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les Juveniles se sont constitués un répertoire et ont affolé la Toile, de blogs défricheurs en médias officiels. Une hype parmi d’autres ? Non. Le groupe avait réussi son pari, en conjuguant le passé au présent pour mieux se rêver un futur et inventer d’improbables mariages contre-nature.

Car, en y regardant de plus près, ces Juveniles, ce serait un peu des Smiths où Johnny Marr aurait laissé la place à Martin Gore, des Sonic Youth avec Benard Sumner et Peter Hook en lieu et place de Thurston Moore et Kim Gordon. Il suffit de fermer les yeux et d’écouter le manifeste néoromantique We Are Young ou encore le tourbillonnant Night/ Nights.

Aujourd’hui, à l’aune de la sortie de singles sur la prestigieuse maison Kitsuné (les susmentionnés We Are Young et Ambitions, accompagnés de remixes) et d’une participation à sa fameuse collection ... Maison, mais aussi d’une tournée en Europe (France, Belgique, Angleterre, Ecosse, Suède) et d’une date aux légendaires Trans Musicales de Rennes, on pourrait croire que l’avenir appartient déjà à ces effrontés, prêts à en découdre avec l’adversité – d’ici et d’ailleurs aussi.

Mais ils ne veulent rien savoir. Ils ferment la porte au nez de l’engouement. Ils triturent, écrivent, et raturent, reprennent et perfectionnent leurs morceaux synthétiques, mais jamais toc. Ils rattrapent le temps perdu, ressuscitent une époque qu’ils n’ont pas connue sans jamais tomber dans le piège d’une feinte nostalgie. Après avoir dansé sur des dancefloors délabrés, ces jeunes gens (forcément) modernes n’ont pas envie de se laisser griser.

Nouveaux ambassadeurs d’un rétrofuturisme éclairé par une boule à facettes monochrome, les Juveniles ont balayé d’un revers de la main leur crise d’adolescence pour mieux nourrir de vraies Ambitions. Et devenir en l’espace de quelques mois un groupe déjà majeur.

C’est aussi en remixant ses pairs que Juveniles s’est fait remarquer sur les dancefloors : Yelle – « Comme un enfant » , Is Tropical – « Lies », Stuck in the Sound – « Brother ».

En ce début d’année 2013, Juveniles finit son premier album et continue à tourner en Europe (France, Belgique, Angleterre, Ecosse, Suède) en assurant notamment les premières parties d’artistes comme Housse de Racket, Yuksek, Stuck in the Sound, Is Tropical.